Revenir pour construire ce qui compte
ENTREVUE AVEC MICHEL TURMEL, EX-RETRAITÉ DE GAROY CONSTRUCTION ET SURINTENDANT DU CHANTIER DE MASCOUCHE
« Le projet Mission Unitaînés, c'est une façon de participer à une générosité. Je trouvais que c'était un beau projet pour les personnes de mon âge. Puis il y avait aussi ce défi… couler un immense radier de béton. C'était quelque chose que je voulais réaliser une fois dans ma vie. » - Michel Turmel, ancien retraité de Garoy et surintendant du chantier de Mascouche
Après 35 ans dans le domaine de la construction dont chez Garoy Construction, le surintendant d'expérience, Michel Turmel, avait tourné la page sur sa carrière et avait déjà démarré sa retraite profesionnelle. Mais lorsqu'on lui propose de prendre en charge le chantier de Mascouche de Mission Unitaînés, deux raisons le poussent à remettre son casque : contribuer à un projet porteur de sens pour les personnes aînées et relever un défi technique unique dans une carrière.
Le défi d'une carrière
Au cœur du projet de Mascouche se trouvait un défi d'envergure : réaliser un immense radier de béton, une dalle de fondation sur laquelle repose tout le bâtiment.
« Je n’avais jamais fait ça couler un immense radier. C’est un défi d'une fois dans une carrière », raconte Michel.
En une seule journée, près de 1 475 mètres cubes de béton, transportés par environ 155 camions, ont été coulés sur le chantier. Une opération qui a demandé plus d'une semaine de planification minutieuse. À titre comparatif, un chantier de cette ampleur coule habituellement autour de 300 mètres cubes de béton par jour. À Mascouche, l'équipe en a coulé près de cinq fois plus en une seule journée.
« Tout était planifié. Il fallait organiser la circulation, le trajet des camions, le lavage des bétonnières, le travail des signaleurs… Tout devait être structuré. »
L'objectif était simple : que chaque camion arrive au bon moment, que chaque intervenant connaisse son rôle et que l'opération se déroule sans interruption. Il faut savoir que le chantier est situé dans un lieu névralgique de Mascouche, au coeur du secteur des grands commerces, avec des boulevards et entrées d’autoroute qui ne pouvaient pas être fermées pour le weekend.
Le résultat dépasse les attentes : « On a coulé ça par une moyenne de 190 m3/h, on n’avait jamais vu ça : On a obtenu un résultat numéro un. »
Un chef d’orchestre rassembleur
Michel résume le rôle du surintendant en une image qui lui ressemble.
« C'est comme être le chef d'orchestre. Mon rôle, c'est de voir à l'exécution du projet. Je règle les problèmes, je prépare le travail des sous-traitants et je m'assure que tout se réalise selon la cédule. »
Coordonner les équipes, prévoir les prochaines étapes, assurer la sécurité, anticiper les imprévus et maintenir le rythme du chantier : pendant plusieurs mois, c'est lui qui a veillé à ce que des dizaines de métiers travaillent ensemble vers un même objectif.
Avec plus de 35 ans d'expérience, Michel sait que les meilleurs chantiers sont ceux où les problèmes sont résolus avant même qu'ils apparaissent.
« J'essaie toujours d'être en avant. D'anticiper pour qu'on ait le moins de problèmes possible. »
Cette expérience s’est construite sur des valeurs de collaboration et de respect des équipes sur le chantier. Une culture qu'il retrouve chez Garoy Construction.
« On veut réussir. On veut être les meilleurs dans ce qu'on fait. Les jeunes chargés de projet apportent leurs idées et, nous, avec notre expérience, on est là pour les épauler. On fait une bonne équipe. »
Même lors de l'inauguration de Mascouche, malgré les retards causés par plusieurs semaines de pluie, Michel et son équipe ont travaillé toute la fin de semaine afin d'offrir un chantier accueillant aux invités.
« On voulait préparer le bâtiment comme s'il était terminé. »
Une rampe d'accès temporaire, solide et peinte en blanc, a été aménagée pour faciliter les déplacements, les espaces ont été nettoyés et, puisque le gazon n'était pas encore installé, Michel est même allé emprunter des fleurs au Rona voisin afin d'ajouter une touche de couleur au site. Tous les détails ont été pris en compte, jusqu'aux équipements de chantier, comme le chariot télescopique, qui avaient été soigneusement nettoyés pour l'occasion.
Pour lui, ces attentions reflètent la culture qui anime les équipes de Garoy Construction. « On veut être fiers de ce qu'on livre. Jean-François Roy, le président de Garoy, nous transmet cette façon de faire. On veut toujours faire les choses comme il faut. »
L’expérience, c’est de famille
Au fil des années, Michel Turmel a guidé bien des collègues. Parmi eux, son propre frère, aujourd'hui surintendant chez Garoy Construction et responsable du chantier de Lévis de Mission Unitaînés.
Cette fois, les rôles se sont inversés !
Comme le projet de Lévis avait débuté quelques mois avant celui de Mascouche, c'est son frère qui lui partageait son expérience et les apprentissages réalisés sur le terrain.
« Il me disait : Michel, nous, on a eu tel problème, tu serais mieux de faire ça comme ça. Ça faisait drôle... c'était un peu l'inverse de toute notre histoire. »
Loin d'y voir une question d'ego, Michel en parle avec beaucoup de fierté.
« J'ai aimé ça. Si tu peux aider les autres à éviter des problèmes parce que tu as déjà une solution, c'est mieux pour tout le monde. »
Construire par passion
Après Mascouche, Michel Turmel repartira déjà vers un nouveau chantier. Parce qu'au fond, la passion de construire est toujours aussi présente.
Mais parmi tous les projets qui ont marqué sa carrière, Mission Unitaînés occupe une place bien particulière.
« Moi, je suis venu ici un peu pour ça. Pour contribuer à Mission Unitaînés. Ça me touche. »
Quand il raconte le projet à ses amis, il voit leur réaction.
« Ils sont tous épatés. Je leur explique ce que c'est, puis ils trouvent ça extraordinaire. Construire 1700 logements pour aider les personnes aînées... c'est quelque chose. »
Pour cet homme de terrain, un chantier prend tout son sens lorsqu'il allie expertise et impact humain. À Mascouche, il a trouvé les deux : un défi technique qu'il souhaitait réaliser une fois dans sa carrière et la possibilité de contribuer à un projet qui fera une réelle différence dans la vie des personnes aînées. Une combinaison suffisamment inspirante pour lui donner envie de remettre son casque… et de construire, une fois de plus, ce qui compte vraiment