Trois-Rivières : une occasion saisie deux fois !
Entrevue avec Jean-François Aubin, maire de Trois-Rivières ; et Daniel Girard, directeur général et Marie-Eve Croteau, responsable Direction générale et Communication à l’Office municipal d’habitation de Trois-Rivières.
« Quand on a reçu le courriel pour le développement de trois nouvelles bâtisses dans la phase deux, on a tout de suite dit : GO! On ne doit pas rater ça. On a répondu la journée même! »
— Jean-François Aubin, maire de Trois-Rivières
À Trois-Rivières, Mission Unitaînés prend une plus grande ampleur : la Ville accueillera non pas une, mais deux résidences dans le cadre de la deuxième phase du projet, pour un total de 200 nouveaux logements abordables destinés aux personnes aînées.
Une réponse particulièrement importante au cœur d'une région où le vieillissement de la population est parmi les plus marqués au Québec. Et bien les deux bâtiments sont identiques, ils prendront chacun racine dans deux quartiers différents, où deux communautés bien à elles pourront grandir.
Deux occasions à ne pas laisser passer
L'intérêt de Trois-Rivières pour Mission Unitaînés date des tout débuts de la phase un. La Ville avait déjà tenté d'accueillir un projet, mais les conditions n'avaient alors pas permis de le concrétiser. L'intérêt, lui, était demeuré. Lorsque l'occasion s'est présentée à nouveau, en phase deux, l’équipe de la Ville était prête et la réponse n'a donc pas tardé.
Pour le premier projet, une solution s'est présentée dans le secteur du Cap-de-la-Madeleine, sur un terrain appartenant déjà à l'Office d'habitation.
Puis est arrivée la possibilité d'un deuxième projet, à même la phase 2. « On a répondu la journée même! », se rappelle le maire Jean-François Aubin. « On savait qu'on ne serait pas le seul territoire intéressé. »
Cette fois, la Ville a identifié un terrain dans le secteur des Chenaux et en a fait l'acquisition afin de pouvoir le céder au projet. Dans un contexte où les terrains de grande superficie sont de plus en plus rares et coûteux, cette étape était déterminante.
« Le terrain, c'est la clé. Après, on discute du reste », résume le maire.
Entre les deux projets, les membres du conseil municipal ont changé, mais pas la volonté politique. Du côté des équipes de la Ville, déjà mobilisées et familières avec Mission Unitaînés, l'expérience du premier projet a aussi permis de gagner en agilité et d'accélérer les validations nécessaires au deuxième.
S’inspirer et apprendre des autres
José Sami Nana, Garoy; Marc-André Landry Garoy; Dominic Thibeault, Ville de Trois-Rivières; Caroline Sauriol, présidente directrice-générale, Mission Unitaînés; Daniel Girard, directeur générale de l'OMHTR, Jean-François Aubin, maire de Trois-Rivières, Marie-Eve Croteau, responsable direction et communication à l'OMHTR; Amina Chafai, OMHTR; Nathan Rheault OMHTR; et Karine Deschênes-Paquette, Dupéré
Du côté de l'Office municipal d'habitation de Trois-Rivières (OMHTR), arriver dans la deuxième phase comporte aussi un avantage important : celui de pouvoir apprendre de l'expérience des autres.
Les équipes ont visité des résidences Mission Unitaînés déjà habitées et échangé avec les offices et organismes qui en assurent la gestion. Accueil des locataires, accompagnement social, communication, vie communautaire : tout est observé.
« On peut apprendre des bons et des moins bons coups », souligne Daniel Girard, directeur général de l’OMHTR.
Un élément a notamment retenu leur attention : les cuisines aménagées dans les salles communautaires. « Rassembler les gens autour de la nourriture, c'est winner », lance-t-il avec un grand sourire.
Dans un parc immobilier où ce type d'aménagement n'est pas toujours possible, ces nouveaux espaces ouvrent la porte à une foule de possibilités : repas partagés, activités, comités de locataires ou collaborations avec des organismes du milieu.
Pour la Ville aussi, la première phase a fait ses preuves. Voir les résidences lever de terre ailleurs au Québec, puis accueillir leurs premiers locataires, a confirmé la solidité du modèle.
« On le savait. Mais là, ça confirme que c'est vraiment sérieux. Il n'y a pas d'improvisation. Les délais sont respectés », souligne Jean-François Aubin.
Et dans un contexte où les besoins sont pressants, cette capacité à livrer compte : « C'est vraiment un accélérateur pour les villes. », affirme le maire.
Deux quartiers, deux milieux de vie à faire grandir
Implantées dans deux secteurs différents, à l'est et à l'ouest de Trois-Rivières, les résidences permettront de mieux répartir cette nouvelle offre sur le territoire et de s'ancrer dans les réalités de deux quartiers distincts. Chacune pourra ainsi développer une vie communautaire à l'image de son milieu. Un autre avantage : dans les deux secteurs, l'Office est déjà présent et y offre des logements et des services.
Le projet de la rue Marie-Le Galo – Secteur de Cap-de-la-Madeleine, la première résidence Mission Unitaînés, sera voisine d'un autre immeuble d'une centaine de logements destiné aux personnes de 55 ans et plus. Une proximité qui ouvre déjà la porte à des collaborations, à des activités partagées et à des liens entre les deux communautés. Le secteur est également bien desservi par le transport collectif et est près de tous les services.
Le projet de la rue Vincent-Bélanger – Secteur de Trois-Rivières, la deuxième résidence, prend place dans un quartier résidentiel et familial en développement. L'environnement offre ainsi d'autres possibilités : créer des liens avec le voisinage, les familles et les organismes du secteur et favoriser une certaine mixité intergénérationnelle.
Dans les deux cas, la volonté est la même : construire des résidences au cœur des communautés.
« On ne veut pas deux unités isolées et à part », insiste Jean-François Aubin. Les personnes qui y habiteront doivent pouvoir sortir, marcher, fréquenter les parcs, accéder aux services et rencontrer d'autres citoyens et citoyennes.
Une vision qui rejoint directement celle de l'Office. Pour Marie-Eve Croteau, responsable, direction générale et communications, les personnes aînées accompagnées par l'organisation expriment un besoin fondamental : conserver leur autonomie le plus longtemps possible, sans que celle-ci soit synonyme de solitude.
Le logement doit donc être sain, sécuritaire et adapté, mais il doit aussi permettre de créer des liens. « C'est un milieu de vie plus qu'un logement. », complète Mme. Croteau.
Un nouveau maillon dans l'offre de logements
Cette nouvelle offre arrive dans un contexte où les besoins demeurent importants à Trois-Rivières.
L'Office municipal d'habitation gère actuellement quelque 1 800 logements sur son territoire dont plus de la moitié de sa clientèle est composée de personnes aînées vivant seules. Avec les deux projets Mission Unitaînés, 200 logements abordables viendront donc ajouter une nouvelle option entre le logement social et le marché privé.
« Ce qui ressort beaucoup, c'est la solitude », explique Marie-Eve Croteau. Pour ces personnes, pouvoir demeurer autonomes dans un logement adéquat, tout en ayant accès à une vie sociale et collective, peut avoir un effet important sur leur bien-être physique et mental.
L'intérêt pour cette nouvelle possibilité de logement est d'ailleurs déjà bien réel. Environ 200 personnes ont manifesté leur intérêt pour le premier projet, avant même le lancement officiel du processus de candidature.
Pour l'Office, le développement de l'offre abordable permet aussi d'agir plus tôt dans le parcours résidentiel. Ses équipes voient évoluer le visage de la précarité, notamment chez des personnes aînées seules dont la situation financière peut rapidement se fragiliser à la suite d'un changement de vie, comme la perte d'un conjoint.
Pouvoir offrir différentes solutions selon les revenus et les besoins devient alors une façon d'intervenir en amont, avant que la situation ne se détériore davantage.
Pression, effervescence et fierté
Accueillir deux résidences presque simultanément représente néanmoins un défi important pour l'Office.
Ce sont 200 logements supplémentaires à gérer et à entretenir, mais surtout tout autant de nouveaux ménages à accueillir et à accompagner. Les équipes doivent déjà réfléchir à leurs façons de faire et planifier les ressources qui seront nécessaires.
Daniel Girard ne cache pas l'ampleur du défi. « Oui, ça crée une pression, mais une pression qui vient avec une effervescence. On a une équipe qui aime les défis. Et qui aime les résultats. »
Au-delà des échéanciers, des terrains et des bâtiments, c'est justement ce résultat que les partenaires gardent en tête : voir ces logements prendre vie et permettre à leurs locataires de continuer à faire partie pleinement de leur communauté.
Pour Jean-François Aubin, c'est là que réside toute la fierté derrière ces deux projets. « On est fiers d'être une ville qui prend soin des personnes aînées, y compris celles qui sont moins fortunées. Des personnes qui, rappelle-t-il, ont contribué à bâtir Trois-Rivières.
Bientôt, 200 nouveaux ménages pourront à leur tour s'installer dans deux quartiers de la ville, y conserver leur autonomie et, surtout, continuer à faire partie de leur communauté.