Portrait – Mascouche
Mascouche : quand l’efficacité ouvre une nouvelle porte
Guillaume Tremblay, maire de Mascouche
ENTREVUE AVEC GUILLAUME TREMBLAY, MAIRE DE MASCOUCHE ET ISABELLE CHARBONNEAU, DIRECTRICE, SERVICE À LA CLIENTÈLE, OFFICE MUNICIPAL D’HABITATION DE LA RIVE-NORD.
« Lorsque nous avons été approchés pour un 11e projet, rendu possible à même l'enveloppe des 10 autres, on était prêts pour le terrain. Nous avons donc sauté sur l’occasion ! » — Guillaume Tremblay, maire de Mascouche
Au départ, la première phase de Mission Unitaînés devait compter dix projets. Dix communautés unies autour d’un même objectif : offrir des logements abordables, de qualité et adaptés aux personnes aînées.
Puis, grâce à la rigueur du modèle, à l’efficacité de la réalisation des projets, à l’excellence de la gestion des coûts et à la mobilisation de nombreux partenaires, une nouvelle possibilité s’est présentée. Une onzième ville pourrait finalement se joindre à l’aventure, à même l’enveloppe initiale.
Cette ville, c’est Mascouche.
Déjà intéressée dès les premiers balbutiements de Mission Unitaînés, la Ville n’avait toutefois pas réussi à identifier un terrain à temps pour intégrer la première phase de projets. Lorsque l’occasion s’est présentée quelques mois plus tard, tout était enfin en place pour transformer cette ambition en réalité.
Le projet de Mascouche est la preuve qu’un modèle efficace et une volonté politique peut créer encore plus d’impact que prévu.
Une occasion qui arrive (enfin) au bon moment
À Mascouche, les besoins en logements abordables pour les personnes aînées sont bien réels. Lors du recensement de 2021, près de 9 000 citoyens âgés de 65 ans et plus vivaient sur le territoire, alors que seulement 54 logements subventionnés leur étaient destinés.
Pour la Ville, il était important d'agir.
« Un toit n’est pas un bien comme les autres. C’est une nécessité. On sait que plusieurs personnes aînées ont été durement affectées par la hausse du coût de la vie et disposent de peu d’options pour augmenter leurs revenus. Dans ce contexte, il était important de leur offrir des alternatives pour conserver une qualité de vie décente », souligne le maire Guillaume Tremblay.
Dès le départ, Mascouche souhaitait faire partie des premiers projets Mission Unitaînés. La volonté était présente, mais le terrain manquait à l’appel.
Entretemps, la Ville s’est dotée d’une politique d’habitation ainsi que d’un fonds dédié à l’acquisition de terrains afin de soutenir le développement de logements abordables sur son territoire.
La rapidité de réaction a été rendue possible grâce à une importante mobilisation des équipes municipales, services du Greffe, de l’aménagement du territoire et d’urbanisme, de la direction générale, ainsi qu’à la collaboration étroite de l’Office d’habitation de la Rive-Nord.
Le projet porte d’ailleurs le nom de Maison Darllie-Pierre-Louis, en hommage à cette conseillère municipale qui a consacré une grande partie de son engagement public à faire avancer les dossiers liés à l’habitation sociale et abordable à Mascouche.
Quand l’expérience devient un accélérateur
S’il y a une organisation qui mesure bien le chemin parcouru par Mission Unitaînés, c’est l’Office municipal d’habitation de la Rive-Nord.
Avant Mascouche, l’Office avait déjà participé à la réalisation du projet de Terrebonne, l’un des premiers immeubles Mission Unitaînés livrés au Québec.
À l’époque, plusieurs éléments étaient nouveaux : les processus d’attribution, les listes d’intention, les outils administratifs, l’accompagnement des locataires et même la gestion des électroménagers fournis avec les logements.
« Pour Terrebonne, nous étions sur une page blanche. Il y avait beaucoup de réflexion, d’apprentissage… et de nuits blanches », raconte Isabelle Charbonneau, directrice du service à la clientèle.
Avec Mascouche, la réalité est toute autre : les formulaires sont prêts. Les outils sont développés. Les processus sont éprouvés. Les équipes savent à quoi s’attendre.
« Pour Mascouche, tout est bien ficelé. On a nos documents, nos outils et nos procédures. Nous pouvons nous appuyer sur tout ce que nous avons appris avec Terrebonne et sur l’expérience des autres projets Mission Unitaînés au Québec. », ajoute-t-elle.
Cette expertise acquise permet aujourd’hui d’être plus proactif, d’anticiper les besoins des futurs locataires et d’offrir un accompagnement encore plus fluide.
« Amenez-en des Mission Unitaînés ! On a maintenant tout notre processus de prêt », lance-t-elle en souriant.
Deux projets, un impact multiplié
Avec Terrebonne et Mascouche, l’Office d’habitation de la Rive-Nord devient le premier office à gérer deux projets Mission Unitaînés sur un même territoire.
Une responsabilité qui représente aussi une occasion unique d’amplifier les retombées du modèle.
Si l'expérience acquise à Terrebonne a permis d'accélérer la réalisation du projet de Mascouche, elle a aussi mis en lumière l'ampleur des besoins sur le territoire.
Selon l'Office d'habitation, la demande pour des logements abordables destinés aux personnes aînées est actuellement encore plus forte à Mascouche qu'à Terrebonne.
Alors que 142 personnes ainées figurent sur la liste d'attente à Terrebonne, ce nombre atteint 173 à Mascouche, malgré une population moins importante et un bâtiment déjà livré pas très loin. En incluant les différentes listes d'intérêt et demandes actives, ce sont près de 400 personnes qui cherchent actuellement des logements abordables et adaptés à Mascouche.
« Le fait que Mascouche soit le deuxième projet Mission Unitaînés sur notre territoire fait en sorte que les gens connaissent davantage le modèle. Les demandes sont nombreuses et les besoins demeurent très importants. », raconte Isabelle Charbonneau.
À eux seuls, les deux projets Mission Unitaînés totalisent 200 nouveaux logements destinés aux personnes aînées sur le territoire.
Pour l’Office, cette croissance confirme non seulement l’importance des besoins, mais aussi l’évolution de son propre rôle dans la communauté : « Avant, les gens associaient surtout les offices d’habitation aux HLM. Aujourd’hui, nous développons également des milieux de vie modernes pour les personnes aînées et nous les accompagnons dans leur quotidien. »
Cette approche va bien au-delà de la simple gestion immobilière. « On passe de la poignée de porte à la poignée de main. », métaphorise la directrice.
Une évolution qui reflète parfaitement l’esprit de Mission Unitaînés : créer des logements, mais surtout créer des communautés.
Vieillir chez soi, au cœur de sa communauté
L’un des grands atouts du projet de Mascouche demeure son emplacement.
Situé au cœur d’un pôle commercial, à proximité des commerces, des services, du transport collectif, de la gare de train et même, de la Maison des aînés, le site permettra aux futurs résidents de maintenir leur autonomie le plus longtemps possible.
Le projet s’intègre également dans un secteur déjà bien développé, favorisant son acceptabilité sociale et son intégration naturelle au quartier.
Au-delà des futurs résidents, le maire rappelle que ce type de projet bénéficie à l’ensemble de la communauté.
Lorsqu’une personne aînée trouve un logement mieux adapté à sa réalité, elle libère souvent une maison ou un appartement qui pourra accueillir une nouvelle famille : « En ce sens, c’est toute la communauté qui en profite. », confirme le maire.
Une réussite qui ouvre la voie
Le projet de Mascouche clôt la première phase de Mission Unitaînés d’une façon toute particulière.
Il témoigne de la confiance bâtie au fil des dix premiers projets, de l’expérience accumulée par les partenaires et de la capacité du modèle à générer encore plus d’impact que prévu.
Mais il rappelle aussi que les besoins demeurent immenses.
Malgré l’ajout de centaines de logements sur le territoire, les listes d’attente continuent de croître.
Pour Isabelle Charbonneau, cela ne fait que confirmer l’importance de poursuivre les efforts.
« Même avec plus de 200 nouveaux logements, les besoins sont toujours là. »
Une réalité qui rend le 11e projet encore plus significatif.
Le projet de Mascouche est peut-être le dernier de la première phase. Mais il est surtout la preuve que lorsqu’un modèle fonctionne, son impact peut continuer de grandir.